Laissez vous porter par ces chants romantiques de Brahms pour chœur et piano à quatre mains,
ces chants moraves en tchèque de Dvořák et cette poignante histoire de la cane sauvage de Leoš Janáček.

Johannes Brahms (1833-1897) 
Neues Liebesliederwalzer Op.65

Lorsque Johannes Brahms s’installe à Vienne en 1862, la capitale autrichienne est imprégnée de la tradition de la valse qui fait danser toute l’Europe. Compositeur profondément attaché à la tradition, Brahms s’inspire de cet univers populaire pour créer une œuvre singulière : les Liebesliederwalzer.
Écrites entre 1868 et 1874 pour piano à quatre mains et quatuor vocal, ces miniatures musicales mettent en musique de courts poèmes d’inspiration populaire réunis par le poète Georg Friedrich Daumer dans son recueil Polydora.

Dans ces valses chantées, Brahms déploie une étonnante palette de sentiments : amour naissant, joie de la danse, nostalgie, jalousie ou douce mélancolie.
La musique oscille constamment entre l’intimité du salon et l’élégance de la valse viennoise, mêlant raffinement harmonique et charme immédiat.
La dernière pièce du cycle, Zum Schluss, sur un poème de Goethe, tient lieu d’épilogue. Brahms y abandonne la légèreté de la danse pour une écriture plus contrapuntique et méditative : une sorte d’adieu poétique où l’art apparaît comme le seul apaisement possible aux blessures de l’amour.

Paroles et traductions des 15 pièces

Antonín Dvořák (1841-1904)    
6 Duos moraves Op.32
(arrangement pour chœur mixte : Leoš Janáček)

Les Duos moraves occupent une place décisive dans la carrière d’Antonín Dvořák. Dans les années 1870, alors encore peu connu, le compositeur enseigne la musique à Prague dans la famille Neff, où l’on aime chanter en amateur. C’est pour ces moments musicaux domestiques que Dvořák compose une série de duos inspirés par la poésie et les mélodies populaires de Moravie.
Ces pièces séduisent immédiatement par leur fraîcheur, leur spontanéité et leur délicatesse. Le cycle attire l’attention de Johannes Brahms, membre du jury chargé d’attribuer les bourses d’État autrichiennes. Enthousiasmé, Brahms recommande vivement l’œuvre à son éditeur Fritz Simrock : « Vous y trouverez du plaisir comme moi. Dvořák est sans aucun doute un homme très talentueux. »
La publication des Duos moraves en 1878 marque le début de la reconnaissance internationale de Dvořák et conduira bientôt à la création des célèbres Danses slaves. Dans l’arrangement choral réalisé plus tard par Leoš Janáček, ces chants conservent toute leur spontanéité et leur parfum populaire.

Leoš Janáček (1854-1928)    
Kačena divoká

Compositeur profondément attaché à sa région natale de Moravie, Leoš Janáček consacra une grande part de sa vie à collecter et étudier les chants populaires.
Convaincu que la musique devait refléter les inflexions naturelles de la langue et les rythmes de la parole, il développa un style très personnel, nourri de folklore mais résolument moderne.
Les premières œuvres chorales de Janáček, comme Kačena divoká, témoignent de cette recherche. Écrites dans les années 1880, elles s’inspirent directement des traditions populaires moraves tout en laissant apparaître une écriture déjà très expressive.
Dans ces pages, le chant choral devient à la fois récit, danse et paysage sonore, évoquant la vie quotidienne, les émotions et l’imaginaire d’un peuple.